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Retour d’expérience sur la participation à un atelier concernant la neurodiversité – Perspectives SSF
Magazine SSF

Retour d’expérience sur la participation à un atelier concernant la neurodiversité

Mi-mars, j’ai eu l’opportunité d’assister aux ateliers sur la neurodiversité animés par Mélissa Lortie, chargée cours à l’Université de Sherbrooke. Moi-même, enseignante, conseillère pédagogique et mère d’un enfant aux besoins neurodivergents, j’étais particulièrement intéressée par cette formation. Les neuropsychologues étant peu nombreux, j’étais impatiente d’approfondir ma compréhension de cette thématique complexe.

L’enthousiasme de Dre Lortie était contagieux, et son ambition audacieuse : en seulement trois heures, elle a tenté de nous sensibiliser à un spectre étendu de conditions neurodivergentes (voir figure 1) qui influencent l’apprentissage et l’interaction sociale des personnes étudiantes, tout en promouvant l’inclusion et l’adoption de meilleures pratiques pédagogiques.

Figure 1 Extrait du support visuel de Dre Mélissa Lortie

 

Bien que l’intégralité des informations n’ait pas pu être assimilée, cette expérience a enrichi ma perspective, que j’entends bien transmettre dans mes propres cours. À titre informatif, j’enseigne le cours  Enseigner au supérieur (EPU960), offert à distance dans le cadre du microprogramme de pédagogie de l’enseignement supérieur à la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke.

D’abord, je retiens que la neurodiversité englobe les variations dans le fonctionnement neurologique des individus, reconnues comme des aspects normaux de la diversité humaine. C’est dire que les personnes étudiantes neurodivergentes peuvent avoir des besoins spécifiques en matière de traitement de l’information, de mémoire, d’attention et de régulation sensorielle. Je pense que le mieux est simplement de leur poser la question sous une forme ludique notamment avec un Kahoot en début de session ou par un sondage anonyme.

Varier les supports pédagogiques

Je m’efforce de diversifier les supports pédagogiques : textes, vidéos, diagrammes et activités pratiques. J’intègre des podcasts, infographies et articles scientifiques, ce qui, selon les retours des personne étudiantes, enrichit considérablement leur expérience d’apprentissage (voir figure 2).

Figure 2 Extrait de mon site Moodle (EPU960 H24)

 

Clarifier et structurer le contenu de l’activité pédagogique

Chaque session est une occasion d’amélioration… C’est une mission qui ne semble jamais prendre fin! Dans tous les cas, je tente de présenter les informations de manière claire et structurée. Pour ce faire, j’utilise sur Moodle un format structuré par « tuiles » et je divise les contenus par activités où j’estime le temps (pour respecter le temps selon le nombre de crédits de l’activité pédagogique), je clarifie les objectifs, j’identifie les tâches avec des verbes d’action, je présente les références bibliographiques selon les normes de l’APA (pour aider les personnes étudiantes lors de la présentation de leurs travaux). L’idée est, comme le mentionne Dre Lortie, de segmenter les concepts, les théories ou les activités distinctes tout en rendant l’ensemble des informations (du volet) disponibles. J’offre, pour chacun des volets, un forum pour offrir des explications au besoin.

Je souhaite néanmoins m’améliorer en utilisant notamment des balises visuelles, des résumés de début et de fin de cours, et des objectifs d’apprentissage explicites pour chaque leçon comme le propose Dre Lortie. À titre d’inspiration, André Laflamme, conseiller pédagogique et spécialiste de Scenari, m’a parlé du cours SCI6005 proposé à l’Université de Montréal et entièrement mis en ligne avec une licence CC-BY-NC-ND. J’aimerais m’en inspirer pour clarifier et structurer le contenu de mon cours.

Accepter différentes modalités de communication

À l’ère de l’IA, que j’utilise abondamment, je tente de diminuer le nombre de travaux écrits. Dre Lortie, pour des raisons différentes, propose de permettre aux personnes étudiantes de choisir leur mode de communication préféré, que ce soit oral, écrit, ou visuel, pour les travaux et les examens. Pour ma part, je demande une infographie pour le premier travail, un commentaire audio accompagné d’un travail écrit pour le deuxième travail et un Pecha Kucha pour le dernier travail. Néanmoins, je laisse toujours de la place aux personnes étudiantes afin qu’elles me proposent un autre format qui correspond mieux à leurs besoins ou leurs forces. L’idée pour moi est d’utiliser diverses méthodes d’évaluation qui permettent aux personnes étudiantes de démontrer leur compréhension à travers différents formats, réduisant ainsi la pression et le stress liés aux examens traditionnels.

De la même manière, je tente d’offrir des exemples concrets de la tâche complétée en proposant des travaux des années antérieures avec le consentement des personnes étudiantes concernées. Je propose aux personnes étudiantes une évaluation formative dans un certain délai afin de respecter mon horaire chargé. Si elles veulent en avoir une, je leur demande de cibler un besoin ou des zones d’incertitude. Ainsi, je mise sur le droit à l’erreur et les opportunités d’apprentissage. Aussi, je fournis des retours réguliers et constructifs pour aider les personnes étudiantes à comprendre leurs erreurs et à s’améliorer. Les critiques constructives favorisent un climat d’apprentissage positif et inclusif.

Rendre le tout compatible

Mes séances synchrones sont toujours enregistrées et je m’assure que la fonction de transcription est disponible ce qui permet à des personnes étudiantes d’y retourner. Durant les séances, je propose souvent du temps de travail d’équipe ou d’entraide. Les personnes étudiantes peuvent alors partager leurs idées et d’apprendre les unes des autres. Dre Lortie souligne que cela peut aussi faciliter l’intégration sociale des personnes étudiantes neurodivergentes. Depuis la session dernière, je propose une pause de cinq minutes à la moitié de la séance synchrone de deux heures pour donner un court temps de repos alors que les gens reviennent du travail pour assister à mon cours.

Figure 3 Extrait du support visuel de Dre Mélissa Lortie

 

Je termine en mentionnant que j’ai adopté ces stratégies, non pas uniquement pour les personnes étudiantes neurodivergentes, mais également pour l’ensemble des personnes étudiantes. Comme j’enseigne à de futures ou d’actuelles personnes enseignantes, je tente d’être une source d’inspiration pédagogique. Bien entendu, plusieurs suggestions sont encore à explorer dans mon cas (voir figure 3). La première séance de Dre Lortie se terminait avec l’idée de curiosité bienveillante qui passe par l’ouverture et l’observation ainsi que l’anticipation de la différence par la planification et la prévention. Je tente donc de continuer sur ce chemin!

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