À propos

Composer avec les émotions suscitées par l’expérientiel?

Comme l’apprentissage expérientiel fait partie des couleurs et même de l’ADN de l’Université de Sherbrooke, nous croyions qu’il était opportun d’y consacrer une édition entière du Perspectives SSF. Plusieurs adoptent cette approche avec succès, d’autres affirment en faire ou en font sans le savoir et certains pourraient davantage en tirer profit. Nous espérons que le présent numéro vous permettra de vous faire une meilleure idée du sujet et que vous y découvrirez des facettes insoupçonnées de l’apprentissage expérientiel.

Mais, d’emblée, permettez-moi d’attirer votre attention sur une nouvelle rubrique inaugurée dans ce numéro : Prof tout cours où des personnes enseignantes de notre université seront invitées à parler de leurs propres pratiques pédagogiques. C’est le professeur Denis Bédard de la Faculté d’éducation qui nous offre le premier texte de réflexion de cette rubrique, qui porte, sur… l’apprentissage expérientiel! 

En outre, ce numéro spécial du Perspectives SSF sur l’apprentissage expérientiel annonce un nouveau feuillet Face et pile consacré à cette approche; il comprend des articles en collaboration avec nos partenaires de l’Accélérateur entrepreneurial Desjardins (AED) ou du Pôle régional en enseignement supérieur de l’Estrie (PRESE), un Avec classe sur des méthodes pédagogiques touchant à l’expérientiel, des réflexions sur différentes conceptions de l’apprentissage expérientiel, de même que sur l’apprentissage expérientiel à distance, une entrevue avec le directeur général du Service des stages et du développement professionnel, une définition de l’expression « situation authentique ».

Pour ma part, j’ai eu l’opportunité de participer à différentes activités de cette nature dans toutes sortes de contextes. Chaque fois, les apprentissages ont été très riches et significatifs. Ma dernière découverte remonte au mois de mai dernier dans le cadre du Colloque virtuel de l’Incubateur d’innovations pédagogiques (I2P) où j’ai pris part à une simulation. Il s’agissait de l’atelier La gestion de conflit « dont vous êtes le héros ». Confrontées à une situation authentique de conflit, les personnes participantes ont été guidées à travers un processus de résolution par une personne formatrice compétente et empathique. Outre la dimension réflexive qui caractérise cette approche pédagogique active, un aspect de l’apprentissage expérientiel a attiré mon attention de façon particulière à cette occasion. Il s’agit de l’importance de considérer la personne apprenante dans son ensemble : au niveau de ses croyances, de ses valeurs, de ses connaissances, de ses expériences et, surtout, de ses émotions. On le sait, ces dernières jouent un rôle majeur dans les processus d’apprentissage et l’inconfort qu’elles peuvent susciter relève parfois du défi pour la personne enseignante. Cette capacité à composer avec la dimension cognitive et affective des personnes apprenantes que nous côtoyons apparaît comme une réelle compétence à développer. Nous la mobilisons notamment lorsque nous aidons une personne étudiante qui éprouve des difficultés ou pour aborder des sujets sensibles devant une classe.

À ce propos, selon vous quelle place prennent les émotions dans la relation pédagogique en enseignement supérieur? Quelle posture devons-nous adopter lorsqu’elles se manifestent? Dans quelle mesure sommes-nous à l’aise de concilier les nôtres avec celles des personnes étudiantes? Est-ce qu’une meilleure compréhension des fondements et des bonnes pratiques de l’apprentissage expérientiel pourrait nous aider? Dans l’expectative que vous retrouverez des éléments de réponse dans les textes que nous vous proposons, je vous souhaite une excellente lecture!

Stéphane Roux, directeur général
Service de soutien à la formation

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