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Soft Skills à l’ère de l’IA générative  – Perspectives SSF
Magazine SSF

Soft Skills à l’ère de l’IA générative 

L’intelligence artificielle générative (IAG), de plus en plus présente dans notre vie quotidienne, semble être à l’origine d’une profonde révision de normes sociales (Briggs et Kodnani, 2023). Cette transformation exerce une influence considérable sur le milieu professionnel en entrainant une réévaluation des compétences valorisées (Gicquel, 2014).  

Le Rapport sur l’avenir de l’emploi  2023 (WEF, 2023) souligne l’importance des compétences cognitives de niveau supérieur, comme la pensée critique, la résolution créative de problèmes et la prise de décision. Cette tendance, qui se profile non seulement comme une réponse immédiate aux exigences du monde moderne, mais aussi comme une stratégie à long terme, met en exergue la revalorisation de compétences en lien avec la résolution de problèmes complexes, la pensée analytique et la créativité.  

La résolution de problèmes complexes est particulièrement pertinente dans un environnement où l’incertitude devient la norme. Les professionnelles et professionnels doivent être outillés pour naviguer dans des situations ambiguës et trouver des solutions innovantes à des problèmes sans précédent. Cela nécessite une flexibilité cognitive et la capacité d’appliquer des connaissances de manière transversale à différentes disciplines (Deloitte, 2018). 

Étant donné l’abondance de données, la pensée analytique devient une compétence incontournable, appelant à la capacité de filtrer et décortiquer des informations complexes, à en identifier les éléments clés, à les synthétiser, et à les intégrer de manière stratégique dans le processus décisionnel (Vuorikari et collab. 2022). 

De plus, face à un marché qui évolue constamment, la créativité et l’originalité, ainsi que la capacité à imaginer des solutions innovantes, se positionnent comme des compétences essentielles.  

Une étude de McKinsey Global (Hall et Schmautzer, 2023) corrobore ces tendances. L’analyse, qui s’est étendue à 2 000 tâches professionnelles dans 800 métiers à travers 46 pays, révèle que les compétences technologiques, cognitives de niveau supérieur, ainsi que les compétences sociales et émotionnelles seront primordiales d’ici 2030. Selon les projections, ces compétences occuperont 22 % du temps de travail total, contre 18 % aujourd’hui. 

Les compétences technologiques se situent au premier plan, témoignant de la transformation numérique généralisée des industries. La maîtrise des outils numériques, la compréhension de l’intelligence artificielle, la capacité de gérer des systèmes complexes, etc., s’imposent comme des compétences de l’avenir. 

Les compétences sociales et émotionnelles, jadis considérées périphériques, prennent de l’ampleur. L’empathie, la communication, la collaboration, et l’intelligence émotionnelle, des habiletés intrinsèquement humaines, restent pour le moment, hors de portée de l’IA. 

Pour le domaine de l’éducation, des entités comme l’OCDE (Learning Compass 2030) et l’UNICEF (Global Framework on Transferable Skills, 2019) ont élaboré des cadres similaires, anticipant les compétences futures. Ces cadres partagent une vision commune en reconnaissant l’importance des compétences cognitives de niveau supérieur et les compétences sociales et émotionnelles. Chaque cadre a ses particularités, mais, ils partagent des points et soulignent l’importance de cultiver un ensemble robuste de compétences transférables afin de préparer les personnes à vivre dans des contextes en constante évolution.  

Alors que l’OCDE met fortement l’accent sur les compétences numériques et la littératie médiatique, l’UNICEF insiste également sur l’importance de ces compétences, mais avec une attention particulière à leur accessibilité pour toutes les personnes, y compris celles dans les régions les plus défavorisées. 

Autant l’UNICEF que l’OCDE soulignent l’importance du développement des compétences cognitives et socioémotionnelles. Alors que l’UNICEF se concentre peut-être davantage sur l’équité et l’inclusion, en insistant sur l’importance de ces compétences pour toutes les personnes, l’OCDE tend à aborder ces compétences dans le contexte d’une économie mondiale compétitive et interconnectée. 

Les deux cadres reconnaissent l’importance de l’adaptabilité et de la capacité d’apprentissage continu. Dans un monde où le changement est constant, la capacité des individus à apprendre, à se défaire des connaissances obsolètes et à s’adapter à de nouveaux environnements de travail et des défis sociétaux semble primordiale. 

Le leadership et la capacité à travailler en groupe, à influencer les autres de manière positive et à prendre des décisions éclairées sont des éléments clés dans les deux cadres. Ces compétences deviennent particulièrement importantes dans un monde où les défis sociétaux et environnementaux nécessitent la collaboration et l’action collective. 

Bien que cela puisse être plus explicite dans l’un que dans l’autre, les deux cadres soulignent l’importance de l’éthique, de l’intégrité et de la responsabilité personnelle et sociale. Puisque dans un contexte de plus en plus interconnecté, chaque individu doit comprendre l’impact de ses actions sur les autres et sur la planète, et agir avec intégrité et respect. 

Même si chaque cadre présente ses particularités, ils convergent vers un but unifié : outiller les personnes avec des compétences non seulement transférables entre différentes professions, mais également applicables à diverses circonstances de la vie, leur permettant ainsi de s’orienter dans un monde en constante mutation. En somme, les trois domaines de compétences mentionnées montrent le besoin d’un partenariat synergique entre les capacités humaines et technologiques, où l’adaptabilité et l’interconnexion semblent les piliers de la réussite. 

Références 

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