Le fin mot

Revue prédatrice

En collaboration avec le Service des bibliothèques et archives de l’Université de Sherbrooke

En recherche, le phénomène des revues prédatrices fait de plus en plus la manchette. Nous profitons de ce numéro spécial pour reproduire des extraits d’une page synthèse sur les revues prédatrices du Service des bibliothèques et archives portant sur le sujet.

Qu’est-ce qu’une revue prédatrice?

Les revues prédatrices sont des revues frauduleuses qui envoient des courriels de masse offrant de publier vos articles en libre accès moyennant un certain montant d’argent, et dont les services d’édition ou de révision par les pairs sont minimaux, voir inexistants. 

Caractéristiques des revues prédatrices

Voici quelques caractéristiques des éditeurs de revues prédatrices:

  • Ils envoient des courriels de sollicitation pour la soumission d’articles;
  • Proviennent souvent de pays émergents;
  • Les membres du comité éditorial ne sont pas toujours clairement mentionnés ou, s’ils le sont, leur expertise ne l’est pas;
  • Le titre de la revue n’est pas en adéquation avec les sujets traités dans les articles;
  • Des frais sont réclamés pour la soumission de l’article.

Pour une liste plus complète, consulter cette page web.

 Comment les reconnaître?
  • Font-elles partie d’une liste de revues jugées prédatrices ou d’éditeurs jugés prédateurs (ex. Cabell’s blacklist (sur abonnement))?.
  • Vos professeurs et professeures ou collègues les connaissent-elles? Parlez-en avec des gens qui travaillent depuis longtemps dans le domaine. Ils ou elles connaissent généralement bien les revues crédibles.
Quelques questions pour détecter les revues prédatrices

Considérations générales

  • Y a-t-il quelque chose de louche…?
  • Est-ce que la revue est indexée dans des répertoires ou banques de données connues (ex. Scopus, Directory of Open Access Journals (DOAJ))?

Éditeur et comité éditorial

  • Qui est l’éditeur? Est-il connu dans le domaine?
  • Est-ce qu’il y a un comité éditorial? Qui en sont les membres? Sont-ils qualifiés? Ont-ils d’autres publications?

Pratiques commerciales

  • Est-ce que l’éditeur utilise des envois massifs de courriels flatteurs pour recruter des auteurs?
  • Est-ce que la revue a une politique éditoriale et des coûts bien définis?

Intégrité de l’information sur le site Web

  • Est-ce que le nom de la revue reflète bien la mission de la revue? Est-il trop large ou encore improbable?
  • Est-ce que l’adresse et les personnes-ressources sont clairement identifiées? Est-ce que l’éditeur utilise une adresse générique de type hotmail ou gmail?
  • L’information sur le site Web est-elle exacte? Vérifier la véracité du facteur d’impact (via Journal Citation Reports), de l’indexation dans les banques, du ISSN, etc.
  • Est-ce que le site est mis à jour? Contient-il des fautes d’orthographe? (Attention : les sites ont l’air de plus en plus professionnels et certains éditeurs refont exactement le même site qu’une revue bien connue à une ou deux petites exceptions près.)

Standards de publication

  • Est-ce que la revue est publiée depuis longtemps? Est-ce que le nombre d’articles par numéro est suffisant?
  • Est-ce que le délai de publication est raisonnable? Est-ce que l’éditeur accepte de publier la quasi-totalité des articles soumis?

Ces questions sont tirées du document : Beall, Jeffrey. (2015). Criteria for Determining Predatory Open-Access Publishers, 3e éd. https://scholarlyoa.files.wordpress.com/2015/01/criteria-2015.pdf (retiré du web)

En savoir plus

En complément, quelques courts billets récents tirés du blogue d’Hervé Maisonneuve, médecin français s’intéressant à la publication des revues biomédicales et donc au phénomèmne des revues prédatrices :

Maisonneuve, H. (2019). « Conférences prédatrices, congrès prédateurs : méfiez-vous! Surtout quand l’invitation précise que ce n’est pas un spam ».  Rédaction médicale et scientifique, 12 avril 2019.

Maisonneuve, H. (2019). « Conférences prédatrices à Montréal et Toronto : les universités canadiennes sont abusées ».  Rédaction médicale et scientifique, 18 avril 2019.

Maisonneuve, H. (2019). « Les revues prédatrices se professionnalisent, des chercheurs sont complices, les institutions sont amorphes ».  Rédaction médicale et scientifique, 19 avril 2019.

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